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Un peu d'architecture


Paradmin - Publié le07 mai 2010

Tous les ouvrages traitant de l’art roman en Normandie citent l’édifice de Saint-Arnoult, et particulièrement la chapelle priorale. Déjà en 1867, Arcisse De CAUMONT consacre un « article » au Prieuré de Saint Arnoul sur Touque dans « Les statistiques monumentales du Calvados ».

La chapelle se compose d’un vaisseau unique à chevet plat divisé en deux travées.

Le monument primitif n’a pas subi de modification,  si ce n’est  l’ajout de la façade occidentale au XIXe siècle, et de la porte d’accès ouverte sur la façade méridionale.

Construite sur une forte pente, elle laisse apparaître à l’Est et au Nord la crypte sur  laquelle elle est fondée. A l’extérieur,  au Nord et au Sud, parties non remaniées, les murs sont bâtis en opus spicatum, mode de construction  fort répandu à la fin du XIe siècle, mais qu’on utilisa encore fréquemment au début du siècle suivant.

La façade Nord a gardé ses deux contreforts très plats et deux petites baies plein  cintre à arc monolithe, alors qu’au Sud on ne  trouve plus aucune ouverture, si ce n’est celle qui est bouchée, et la porte percée à l’époque moderne, comme les trois ouvertures du mur de chevet. A l’intérieur, les deux murs latéraux sont ornés d’arcatures aveugles reposant sur des colonnettes à fûts lisses portant des chapiteaux à corbeilles tantôt nues, tantôt ornées de plis semblables à des godrons, d’entrelacs ou de volutes d’angles.

La charpente d'aspect "carène inversée" est estimée « primitive et du XIIIe pour une grande partie ».

La crypte, qui servit d’ossuaire (relèvement de l’ancien cimetière), porte une voûte en berceau très surbaissée sur des doubleaux plein cintre : c’est une disposition très rare en Normandie. En réalité c’est une « église basse » qui possède deux ouvertures au chevet et une sur le coté Sud, malheureusement masquée par les remblais qui ont contribué à créer l’escalier d’accès à la chapelle au milieu du XIXe siècle.

La construction de l'église paroissiale et de la base du clocher a précedé, dès IX/Xe siècle (cf. l'étude archéologique du Bâti effectuée en 2010/2011)  celle de la chapelle, comme l'attestent les élévations sud, ouest et est. Leurs parois comportent encore des vestiges d’appareil en arêtes de poisson et au Nord sont conservées deux baies d’origine.

Le début de l’époque gothique ne modifia rien aux structures de l’édifice, puisqu’on ne remarque de cette époque que le contrefort Sud-Est du chœur et les baies Sud de la nef ainsi que la très intéressante charpente de la chapelle priorale. Mais les constructeurs de la fin du XIVe siècle ajoutèrent au Nord une chapelle polygonale hors œuvre, puis au XVe siecle un bas côté couvert en terrasse et séparé de la nef par trois arcades plein cintre reposant sur des piles monocylindriques à chapiteaux ornés de grappes et feuilles de vigne et dont on conserve les vestiges au sol de l’église.

Il est probable que ces transformations de la partie Nord de l’édifice appartenaient à un projet plus vaste d’agrandissement de l’église tout entière qui n’a pu être réalisé.

C’est au XVIIIe siècle qu’on doit les parties hautes du clocher, mais on ne sait s’il s’agit là  d’un complément à une partie inachevée ou d’une reconstruction d’un étage endommagé.

De même pour l’ouverture d’une porte d’accès à la chapelle ainsi que la transformation de la crypte en ossuaire.